LPG

Le LPG, une solution pour moins polluer?

Le LPG (en bon français: le GPL, Gaz de Pétrole Liquéfié), est un mélange de propane et de butane, deux produits libérés respectivement lors de l’extraction de gaz naturel (à raison de 60%) et du raffinage de pétrole (à raison de 8  %). En termes de pollution, ce carburant automobile présente de nets avantages par rapport à l’essence et au diesel. Il est le champion incontesté dans le domaine des oxydes d’azote (NOx), une famille de gaz précurseurs de l’ozone. Son utilisation émet nettement moins de particules fines (PM), la grosse faiblesse des moteurs diesels. Il libère moins d’hydrocarbures imbrûlés (les HC) que l’essence, mais davantage que le diesel. Il est, en revanche, plus polluant dans le domaine du monoxyde de carbone (CO), ce gaz tant redouté lorsqu’il est émis par des chauffe-eau vétustes dans des espaces mal ventilés. En matière de dioxyde de carbone (le CO2, impliqué dans l’effet de serre), les bilans sont plus nuancés: le LPG est  moins polluant que l’essence, mais la différence avec le diesel est moins marquée que pour d’autres polluants. Ces deux carburants se valent néanmoins lorsqu’on tient compte, dans les calculs, des émissions de CO2 globales, c’est-à-dire comptabilisées dès le puits d’extraction jusqu’à la combustion finale dans le moteur.

Pourquoi le LPG, malgré ses avantages écologiques, n’a-t-il pas plus de succès?

Nettement moins cher à la pompe que l’essence et même que le diesel, le LPG ne parvient pas à percer, en Belgique, à l’inverse d’autres pays européens, comme l’Italie. Une première explication tient au surcoût de l’installation. Elle doit être montée sur un véhicule à essence (il existe très peu de modèles vendus d’origine avec une installation LPG). Coût: environ 2 500 euros. A ces frais s’ajoutent une taxe d’immatriculation de 300 euros, une taxe de circulation complémentaire (environ 150 euros annuels) et un contrôle plus approfondi dans les centres d‘inspection automobile. Cela ne rend le LPG financièrement intéressant, pour l’automobiliste, qu’à partir d’un kilométrage annuel variant entre 12 000 et 15 000 kilomètres (selon les sources). Il y a quelques années, l’octroi d’une prime fédérale à l’installation d’un réservoir a dopé les ventes. En 2002, les équipements LPG ont culminé avec près de 55 000 véhicules  en circulation. Depuis le retrait de cette prime, le parc LPG ne cesse de diminuer. En 2007, à peine 44 000 véhicules LPG étaient officiellement en circulation dans notre pays. Malgré un réseau de 600 stations LPG en Belgique, la disponibilité réduite de ce carburant peut être vécue comme un handicap par les automobilistes, de même que le volume du réservoir et la subsistance de certaines restrictions d’accès dans les parkings souterrains. Malgré une fréquence d’explosions proche de zéro (grâce, entre autres, à l’agréation officielle des installateurs), le gaz conserve une mauvaise réputation auprès d‘automobilistes peu informés. Le LPG, enfin, est très peu promu, pour ne pas dire découragé, par la plupart des acteurs du secteur automobile. Il est vrai que la sophistication des moteurs, particulièrement l’omniprésence de l’électronique à bord, rend parfois sa compatibilité plus difficile avec les moteurs à l’essence, particulièrement chez certaines marques. Malgré ces inconvénients, le LPG est, à l’heure actuelle, le seul carburant globalement plus « propre » déjà disponible et opérationnel sur le marché européen.
Le LPG pourrait être une solution pour améliorer sensiblement la qualité de l’air des villes. Il remplacerait les vieux véhicules en circulation. Il offre, potentiellement, une solution intéressante pour les ménages à faible revenu, qui privilégient très souvent le diesel pour son moindre coût à la pompe. S’il était plus utilisé, le LPG permettrait, en parallèle de réduire les émissions de particules et de polluants atmosphériques.

Pourquoi les installations LPG sont-elles taxées… lourdement ?

La Belgique promeut l’utilisation du LPG via un prix très concurrentiel à la pompe. Ceci n’est possible que via un faible taux d’accises. Dans le contexte européen, les Etats ne peuvent pas mener des politiques discriminatoires en matière de recettes fiscales liées à la vente des carburants. Ainsi des taux d’accises minimum doivent être respectés. Cependant, il est prévu des dérogations dans le mécanisme de perception de ces recettes. Les dérogations doivent être motivées par exemple pour des raisons environnementales ou de santé publique.
Le mécanisme habituel de perception des accises sur la vente des carburants s’opère de manière directe c’est-à-dire à la pompe. Pour promouvoir un carburant moins polluant, par exemple en matière de soufre, la Belgique a réduit les accises sur le carburant pauvre et les a compensées sur le carburant à haute teneur en soufre. Globalement, les recettes pour l’Etat restent inchangées.
En ce qui concerne le LPG, un autre mécanisme a été choisi. Il consiste à compenser la réduction d’accises  par une taxe annuelle : celle dont tout le monde parle en des termes peu élogieux… Effectivement, on pourrait agir autrement. N’oublions pas, toutefois qu’un carburant trop bon marché incite le consommateur à rouler d’avantage et à encombrer le réseau autoroutier. Aussi bizarre que cela puisse paraître, la plupart des installateurs d’équipements LPG revendiquent le maintien de la taxe annuelle. C’est, à leurs yeux, le meilleur moyen de garder la garantie que le LPG soit peu onéreux à la pompe…

Pourquoi n’y a-t-il plus de prime à l’installation d’un équipement au LPG ?

Entre 1999 et 2003, le gouvernement a octroyé une prime de 500 € à l’installation d’un équipement au LPG. En 2004, cette prime a été remplacée par une réduction sur facture, pour tout achat d’un nouveau véhicule (quel que soit le carburant) dont les émissions de CO2 sont inférieures à 105 grammes de CO2 par kilomètre (réduction de 4000 €). Pour les véhicules dont les émissions de CO2 se situent entre 105 et 115 grammes, la réduction est de plus de 800 €.
Ce changement vise à toucher un public plus large et à promouvoir des véhicules plus petits, plus légers et moins énergivores, tout en rajeunissant le parc automobile. Ce dernier point est également essentiel, car un véhicule récent équipé d’une installation LPG consomme moins qu’un véhicule de 10 ans et plus.